Le Mouvement Arabe de l’Azaouad et la division absurde et injustifiée des arabes

Au cours des régimes précédant la démocratie au Mali, les gouvernements n'avaient pas une approche inclusive et intégrative des populations arabo berbères du Nord. Les politiques de marginalisation et d'exclusion appliquées à ces deux communautés ont préparé le terrain aux contestations. Ceux qui ont été marginalisés, discriminés ou exclus, ont développé au fil des années, une frustration et un ressentiment qui ont été l’une des causes du déclenchement du conflit armé qui dure depuis cinquante ans, sans obtenir une solution définitive.

Depuis près de cinquante ans, notre communauté arabe a toujours été confrontée à des problèmes internes, en rapport direct avec la physionomie du paysage politique, et les luttes de leadership au sein de groupuscules aux ambitions souvent fallacieuses.

Aujourd’hui, la communauté arabe est toujours divisée en tendances, en groupements armés. Sur le plan politique, ils sont divisés en Alkarama, Convergence, MAA pro mali, MAA pro mnla, et que sais-je, sans oublier les innombrables opérateurs économiques, hommes d’affaires, et autres faux médiateurs de la cause arabe.

Depuis près de deux ans, notre communauté est en proie aux tentatives sournoises insidieuses et perfides de déstabilisation de notre tissu social, de notre unité et de notre cohésion.

Les vrais cadres et intellectuels de la communauté arabe ont eux aussi, préféré prendre leurs distances avec le MAA, et suivent avec intérêt, mais avec amertume, les tribulations et le flottement de ceux qui prétendent diriger si maladroitement ce Mouvement.

Aujourd’hui à Tabankort, dans le Telemsi, des arabes tirent sur des arabes avec l’appui d’autres mouvements. L’argument intelligent et rusé est de taxer l’autre groupe de terroristes du MUJAO, afin d’obtenir le visa de la communauté internationale pour le massacrer.

Dans leur folie meurtrière des hommes aveuglés par l’ignorance, assoiffés de leadership, qui partagent les mêmes objectifs militaires, se trompent d’ennemi et se tirent dessus en oubliant totalement leur dénominateur commun, la raison partagée qui les a poussés à prendre les armes. Quel paradoxe !

En plus du conflit, en plus des problèmes de survie dans nos campements et nos villages, avons-nous besoin de facteurs aggravant une situation socio et politique déjà suffisamment tendue ? Notre problème au sein de la communauté arabe est lié à un ensemble de situations conflictuelles, confuses, à un bras de fer insensé, et quasi permanent entre d’une part les cadres du Mouvement, et d’autre part entre des groupes armés isolés et incultes.

Notre problème en tant qu’entité arabe, est lié à un manque de confiance, à une forme d’orgueil stupide, abusif qui nous divise. Cette division relève aussi de la culture du mythe de la personnalité, du leadership, d’une soif insensée d’individualisme chevronné et égoïste, où chacun aimerait jouer sa propre partition. A cela s’ajoute le peu de crédit que nous accordons à notre jeunesse pourtant très active, motivée, mieux imprégnée, et plus engagée que plusieurs d’entre nous.


Frères arabes ne voyez-vous pas ce que nous vivons ? Ce que nous endurons ? Notre dispersion en paria, à travers les pays de la sous région, notre réclusion, notre précarité ?

Ne voyez-vous pas notre faiblesse face à nos vrais ennemis dont l’objectif ultime est de nous diviser, affaiblir notre communauté, et instaurer la haine entre nous ? A quoi nous servirait un conflit intra-ethnique, à part nous morceler davantage et conforter nos ennemis ?

En tout cela nous avons une part de responsabilité, parce que nous préférons abandonner la direction de nos affaires à des analphabètes qui s’accordent des grades et des titres pompeux et vides. Des chefs qui, même armés et puissants militairement, ne peuvent exposer à eux seuls, leurs arguments, imposer leurs idées dans des négociations d’un niveau élevé, et touchant des sujets sensibles, stratégiques et à dimensions variables. Il faut que ces chefs militaires cèdent la place aux cadres instruits et compétents, capables d’aller vers des pourparlers, et animer des négociations même difficiles.

Il faut enfin que nous cessions de répéter cette maudite formule de « Personne ne nous représente ! Personne ne parle en notre nom… ». Cette expression que nous entendons partout en milieu arabe, nous a fait plus de mal que de bien.
Ceux qui nous chantent ce refrain appartiennent à la classe la moins cultivée de la communauté. Ces oiseaux de mauvais augure sont malheureusement très écoutés par une partie de nos frères, généralement profanes et perméables et réceptifs à leur influence.
Il faut bien que quelqu’un nous représente. Nous ne sommes pas une communauté d’extra terrestres, une communauté venue d’ailleurs, unique en son genre. Nous sommes une communauté d’hommes et de femmes appartenant à la même tribu, au même terroir, à la même histoire, à la même culture à la même religion. Nous gagnerions mieux en enterrant nos divisions, nos rancœurs, nos divergences. Nous gagnerions mieux en raffermissant nos rapports avec nos frères touaregs et sonrhaîs

Il faut que nos deux tendances armées du M.A.A fusionnent et mettent en place une direction politique unique qui décide, qui parle et à laquelle est soumise l’aile militaire du Mouvement. La communauté arabe gagnerait mieux en unissant toutes les factions armées du Mouvement, en rappelant ses cadres et ses intellectuels, ses jeunes en accordant à ses intellectuels la place qui leur revient au sein de l’instance dirigeante du Mouvement, comme chez nos frères touaregs et sonrhaï.

Aujourd’hui, nous sommes à un tournant de notre histoire, C’est le moment ou jamais. Les fils de la communauté doivent s’investir, se soutenir et appuyer les efforts de règlement pacifique des contradictions entre les groupes armés arabes. Il s’agit de notre unité, de notre intégrité, notre crédibilité et le sort de nos générations futures.

Il est temps d’arrêter ce cirque. Il est temps que nous nous acceptions sincèrement et que nous taisions nos divergences, que nous surmontions les obstacles qui n’existent que dans nos têtes. C’est nous qui sommes un et indivisibles.
Attention aux pourfendeurs de notre unité, attentions aux faux fuyants, aux « tire-au- flanc ». Ceux qui s’évertuent à nous exprimer leur amitié ne sont pas forcement nos amis.

Selon un proverbe bien de chez nous : « un homme peut bâtir un campement ; un campement ne peut forger un homme ». « Ton frère demeure ton frère, Préserves-toi de ton ami ».

Frères arabes, l’union fait la force et merci au Président de la République Islamique de Mauritanie, son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz

 

 

Mohamed Ould Sidi Mohamed (Moydidi)
Nouakchott – Mauritanie
jekaniya@yahoo.fr

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