Les arabes et les touaregs du Mali dans la tourmente

Au moment ou des centaines de familles arabes et tamacheques quittent précipitamment leur pays pour aller chercher refuges ailleurs en Mauritanie, en Algérie au Burkina Faso ou au Niger ;

 Au moment ou des soldats et officiers  arabes et touaregs  tombent sous les balles des rebelles revenus de Lybie ;

 Au moment ou leurs familles  font le deuil de leurs enfants pris dans le feu nourri des agresseurs, voila que des compatriotes bambaras s’attaquent  directement à des familles arabes et touarègues de Bamako, de Ségou de Kati avec comme seul argumentaire  la couleur de leurs peau ou leur appartenance  aux tribus  des agresseurs.

 Autant nous comprenons  et partageons la réaction de nos frères  et de nos sœurs bambaras face  au silence, au mutisme, au stress,  sur le  sort de leurs enfants de leurs maris de leurs frères au front, autant nous  rejetons et condamnons avec la dernière vigueur leur attitude à l’égard de nos familles  arabes et touarègues des villes.

 Ne savez vous pas  que nos frères à nous, nos fils à nous et nos pères à nous sont   aussi au front et combattent aux cotés  de vos frères, de vos fils et de vos maris ?  N’ont-ils pas été aux premières lignes de combats à Kidal Ménaka et Tessalit. ?

N’ont-ils pas ravi la vedette aux officiers bambaras sur le front, étant  originaires de cette région et maitrisant les techniques de combat mieux que quiconque ?

Les premiers soldats tombés sous les balles des rebelles étaient des arabes et des touaregs. Les premiers prisonniers des rebelles étaient des arabes et des touaregs.   Ils ont subi le même sort que leurs frères bambaras capturés avec eux ?

 Comment expliquez vous  que l’on appelle un soldat ou un officier arabe  au Nord pour l’informer que sa famille a été saccagée et que son épouse et ses enfant ont quitté précipitamment Bamako pour Vassala ou Ouaga  fuyant devant  ceux-là même qu’il est en train de défendre au prix de sa vie  tout comme son compatriote bambara couché près de lui dans le même trou ?

 Quelle  sera la réaction de ce soldat touareg   lorsqu’il apprendra que sa fille  unique laissée derrière lui à Kati a  été frappée jusqu’à perte de connaissance  pendant que lui combat les rebelles au Nord ?

 Quel sera le sort de ces milliers de familles parties sur les routes de l’exil ? Quel sera le sort de leurs enfants qui ont quitté précipitamment l’école pour se refugier dans un camp de refugiés , Quel  sera leur sort ailleurs laissant  derrière eux,  leurs villas, leurs véhicules, leurs commerces, leurs domestiques et employés?

Que ceux qui manipulent les jeunes à Bamako Kati, Ségou et ailleurs sachent que ce n’est ni dans l’intérêt du Mali ni dans l’intérêt d’aucune communauté que les arabes changent de camp. Si c’est ce qu’ils cherchent à travers leurs réunions clandestines dans le camp de Kati ou dans les salons de quelques familles de  Bamako, que ces individus sachent  que si le nord s’embrase cette fois ce sera pour longtemps et qui sait  s’ils n’en feront pas les frais eux  ainsi que leurs familles.

 Quant aux Arabes et au touaregs  du Mali,   ils n’ont pas besoin  d’un accord de siège pour s’installer et vivre au Mali. Ils n’ont pas besoin de vivre au Mali par procuration . Ils n’ont pas besoins d’une autorisation spéciale pour s’installer à Bamako ou  Gao ou Tombouctou.  Le  Mali est leur pays, leur seul Pays et ils  n’iront nulle part pour  préparer une contre offensive. Ils sont maliens tout comme les bambara, les peuls, les dogons, les bobos et autres sonrhaïs. Ils ne changeront pas de nationalité et ne seront pas des nigériens  ou béninois ou camerounais. Ils sont et resteront maliens.

A Tombouctou, c’est des  hommes arabes et tamachèques  qui assurent la protection de tous les habitants de la ville. Leurs véhicules équipés par leurs propres moyens quadrillent la ville et protègent tous ses habitants (arabes, touaregs  sonrhaï et bambara). Leurs jeunes  sont tous postés aux portes de la ville  et armés jusqu’aux dents pour repousser toute attaque venant du Nord ; Est-ce- la meilleure façon de les encourager ou de leur remonter le moral. J’en doute fort.

Les  arabes et les touaregs sont inséparables,  ils sont complémentaires, deux  poumons d’un seul corps et le resteront à jamais parce qu’ils sont fils de l’Azawad  tout comme les fils du Kénédougou, du wassolou,  du Khasso etc… L’Azawad est un espace  géographique comme les autres  espaces du Mali. Pourquoi  se hérisser les cheveux chaque fois que l’on prononce ce mot ?

A titre de mémoire, je voudrais préciser ici que les arabes et les touaregs ont perdu des hommes des dizaines d’hommes au combat, que des familles endeuillées part la mort de leurs enfants au front quittent aujourd'hui Bamako sous les attaques des badauds.

Nous sommes débordés des appels venant des soldats  depuis le Front  qui veulent avoir des nouvelles de leurs épouses et de leurs enfants. Leurs messages  sms  pleuvent sur nous  pour s’enquérir du sort de leurs familles et de la destination qu’elles ont prises.

 Pensons-nous  que c’est  en s’attaquant à leurs familles qu’on leur remontera le moral ?

Pensons-nous  que de cette façon que l’on mettra fin la rébellion ? Ne trouvons-nous pas que de cette façon nous sommes en train de précipiter dans les bras du MNLA nos vaillants soldats arabes et touaregs ?

 Encore une fois, j’en appelle  à la retenue, au calme au sens humain et patriotique de tous les maliens. Il  n’ y a pas de maliens blancs, rouges noirs et que sais-je. Il y a des maliens tout court qui se soucient tous de leur pays, de sa stabilité et de son développement.

 Et si en définitive nous considérons que les arabes et les touaregs sont une composante à part entière de la configuration sociale du Mali, alors, qu’on leur accorde leurs statut  de citoyens malien à part entière  sinon,  si nous  considérons que ces deux communautés sont des parias, des  maliens de seconde zone, deux communautés vivant dans une zone inutile du Mali, alors là et dans ce cas, nous encourageons  par notre attitude  la déstabilisation de notre Pays  et qui sait, sa partition.  On ne peut continuer à crier que le Mali est un et indivisible et considérer une partie des maliens comme des citoyens de seconde zone.

 

Que la Paix revienne dans nos esprits et dans nos cœurs et que Dieu bénisse notre Pays  à tous, le MALI !

 

Mohamed Ould Moydidi

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