Qui a peur de la Charia ?
Qui a peur de la Charia ?
Ô Seigneur ! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad comme Tu as prié sur Ibrahima (Abraham) et sur la famille de Ibrahima, Tu es certes digne de louange et de glorification. Ô Seigneur ! Bénis Muhammad et la famille de Muhammad comme Tu as béni Ibrahima et la famille d'Ibrahima, Tu es certes digne de louange et de glorification
Que la prière et le salut d’Allah soient sur son Messager. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous, Louange à Allah, nous recourons à Lui et nous Lui demandons de nous guider, nous pardonner, et nous préserver de nos mauvaises actions. Celui à qui Allah montre le bon chemin est guidé et celui qui s'égare n'a ni maître ni conseiller.
Dans notre vie d’aujourd’hui, l’une de nos préoccupations majeures est de plus en plus nos religions, nos croyances, nos cultes qui au lieu de nous rassurer, de nous apporter le confort moral, la paix intérieure, la vie simple, au lieu de nous rapprocher, nous unir, sont aujourd’hui source de peur, d’angoisse, source de conflits, d’interrogations, source de division, source de guerre. L’émergence d’organisations religieuses, plus précisément islamiques, dont l’objet principal était d’œuvrer pacifiquement au rayonnement de l’Islam a coïncidé avec l’émergence d’une autre forme d’organisations islamiques, qui face au drame palestinien, aux injustices de l’Occident, au massacre des musulmans à travers le monde au désespoir, aux insultes, aux caricatures du prophète, à la guerre médiatique fortement engagée contre l’Islam et les musulmans, ont opté pour le fusil afin de restaurer la loi de Dieu sur la terre d’Islam. Cette escalade, de la violence aveugle et injustifiée de part et d’autre a réduit le dialogue interreligieux, et ouvert la voie à la haine et l’intolérance. Platon disait que « la vérité ne sort pas de la bouche de l’un ou de l’autre des interlocuteurs, mais c’est le témoin de leur dialogue qui doit la trouver en les écoutant ».
Les religions proposent des rites, des prières, des doctrines, et donc des apprentissages, des explications, des témoignages. Toutes les religions ont une seule préoccupation, le retour à la source de la Parole de Dieu. Leur préoccupation signifie l’acceptation que nos convictions et nos croyances ne se présentent pas comme absolues et définitives. Si dans notre propre esprit, nous cultivons la ferveur, la conviction et la raison alors nous pouvons aussi discuter avec les autres. Mais pour discuter, il faut être outillé, il faut disposer d’un minimum de connaissances, une disposition intellectuelle, une maturité morale et spirituelle nous permettant d’écouter, de discerner, de comprendre avant de juger ou d’agir.
En cette période de troubles, il me parait plus-que jamais impérieux d’aborder un sujet d’actualité, un sujet de préoccupation et d’ interprétation souvent erronée, par des individus qui dans certains cas ne connaissent pas grand-chose à l’islam et ses commandements, des hommes induits en erreur par des milieux organisés, structurés, des réseaux spécialisés dans le domaine de la propagande anti islamique, en Europe aux USA, et depuis peu en Afrique.
Je voudrais ici, aborder un sujet d’actualité qu’est la charia en Islam. Je voudrais aller d’un principe clair et mon raisonnement s’adresse aux musulmans et aux non musulmans. En islam nous devons appliquer la charia parce que Dieu nous ordonne d’appliquer ses commandements. En Islam, nous nous marions par la charia, nous divorçons par la charia, nous achetons et vendons par la charia, nous tranchons nos litiges par la charia, A notre mort, nous sommes lavés et mis en terre suivant les recommandations de la charia. Nous héritons par la charia, Alors pourquoi avons-nous peur de la charia, notre charia si nous sommes réellement musulmans. Avant de condamner la charia et la diaboliser à cause des actes de flagellation, d’amputation, de fouettement auxquels nous assistons depuis quelques mois dans la sous region, donnons-nous d’abord le temps de lire la charia, de la comprendre, de l’analyser avant de la juger. Je n’ai aucune intention de cautionner ou de justifier ces pratiques. Mon souci demeure la condamnation aveugle de la charia par des musulmans qui ignorent tout de la Charia et qui sont victimes d’une propagande machiavélique contre l’Islam et les musulmans.
Alors qu’est ce que la charia, quelle place occupe –t-elle dans la vie du musulman, quelle est son origine, ses lois et leur application. Que représente-t-elle face aux lois des autres religions révélées ?
Y’a-t-il une similitude entre nos trois religions révélées en terme d’application des peines. C’est en répondant à toutes ces questions que nous pourrons nous faire une idée de notre charia.
Le terme charia ( achchara en sonrhaï, saria en bambara) utilisé en arabe dans le contexte religieux signifie : « chemin pour respecter la loi de Dieu ». La charia codifie tous les aspects publics et privés de la vie d’un musulman, et toutes les interactions sociétales. En islam nous considérons cet ensemble de textes comme l’expression de la volonté de Dieu.
En langue arabe, « charia » vient de la racine « Chaar » qui veut devenir « ouvrir, devenir clair », le chemin droit et clair. Il veut dire aussi un endroit irrigué où les hommes et les animaux viennent boire, la voie qui mène à la source de la vie, la voie vers Dieu, car le but de la vie de tout musulman est Allah (Dieu).La charia est donc la voie qui mène le croyant vers la félicité. Elle se compose de trois aspects:
- de l’ilm ut-tawhid ou usul id-din ( système théologique, se rapportant à la foi (Al Iman)
- du tasawwouf (la bienfaisance- al’ihsan ) pour les soufis en tant que système éthique et mystique,
- du fiqh, système législatif, se rapportant à l’islam, (soumission totale à Dieu).
Dans le Coran, Le mot charia est cité comme étant la voie à suivre par les musulmans :
Dieu nous dit dans le saint Coran « Juge alors parmi eux d'après ce qu'Allah (Dieu) a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu'ils ne tentent de t'éloigner d'une partie de ce qu'Allah (Dieu) t'a révélé. Et puis, s'ils refusent (le jugement révélé) sache qu'Allah (Dieu) veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers. »
— sourate 5, verset 49
Dieu nous dit toujours dans le livre saint « Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu'Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t'avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : "établissez la religion; et n'en faites pas un sujet de division". Ce à quoi tu appelles les associateurs leur parait énorme. Allah élit et rapproche de Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent. »
— sourate 42, verset 13
Il dit encore dans le saint Coran « Puis Nous t'avons mis sur la voie de l'Ordre [une religion claire et parfaite]. Suis-la donc et ne suis pas les passions de ceux qui ne savent pas. »
— sourate 45, verset 18
Dans la Charia, les peines appliquées en islam se retrouvent toutes et sans exception dans les lois judéo-chrétiennes.
- La lapidation des adultérins chez les musulmans était avant tout une peine pratiquée dans le Deutéronome. L'amputation de la main du voleur a existé bien avant l’Islam en Droit catholique romain.
- La flagellation des pécheurs est une forme des moins sévères chez les chrétiens. Les mêmes peines existent en milieu juif, et servent de pénitence après avoir péché, exactement comme en islam.
- La condamnation à mort des apostâts, est un usage chrétien qui se pratique par décapitation.
- Les châtiments corporels islamiques sont les mêmes chez les judéo-chrétiens et se retrouvent dans le Coran, qui est la synthèse et le récapitulatif des livres révélés.
- Les châtiments corporels islamiques sont un moyen d'expiation des péchés individuels ou collectifs permettant de faire penitence exactement que dans le monde judéo-chrétien. Jésus (PBSL), commandait de s'amputer la main par l'auto-flagellation après son péché et la jeter loin de soi pour expier son péché.
- La lapidation d'adultérins était appliquée dans le Deuteronome. Ce verset de la Torah provient, comme l'assure le Coran, d'Allah, et Muhammad l’avait reconnu, récité et appliqué.
Ce qui est donc établi, c'est que Muhammad appliquait les mêmes règles de sanctions que les Juifs et les chrétiens appliquaient avant lui, sauf le bûcher, interdit en Islam.
En Islam, le Coran et les hadiths sont les deux sources les plus importantes, acceptées par l’ensemble de la communauté musulmane (oumma). Pour les uns, la charia a été instituée par Dieu dans l'intérêt de la création, porteuse d'avantages pour l'homme que la raison de ce dernier peut - pour certains – appréhender. Elle est la volonté d’assurer la permanence et la stabilité de l’islam
Ibn Taymiyyah, grand jurisconsulte musulman (1263-1328/661-728) cherchera à reformuler le concept de charia et à exhorter les valeurs religieuses. Il soutient donc la position que la charia est un concept complet qui inclut la vérité spirituelle des soufis (haqiqa), la vérité rationnelle (aql) des philosophes et des théologiens et la loi. La charia devient donc, pour les traditionalistes, ce qui rend la loi possible et juste. L’influence de Ibn Taymiyyah se manifestera plus tard par la naissance du mouvement wahabite apparu au XVIIIe siècle en Arabie saoudite.
Les courants sunnites majoritaires, sont le malékisme, le hanafisme, le chaféisme et le hanbalisme. Ils sont appelés « écoles juridiques » ou madhhab. Chez les chiites, il existe d’autres courants religieux qui ont chacun leur interprétation de la place et de la nature de la charia au sein de la religion musulmane, sans que les différences soient fondamentales dans le contenu de la loi divine.
Les intérêts de l'homme (maslaha) sont alors le fondement éthique à la base de la charia. Abu Ishaq al-Shatibi soutient le principe de finalités de la charia (al maqâsid al-charia), qui veut que chaque prescription de la charia a bien une finalité précise et objective.
La seconde théorie pose la charia comme volonté (al-irâda) divine, sans qu'elle soit soumise à des valeurs préexistantes, et soutient que la raison est incapable de déterminer le bien et le mal. Cette théorie explique en grande partie la lenteur de l'évolution de la charia.
Selon le juriste Yadh ben Achour, il est inexact de penser que la charia est inerte et immuable. Ce juriste explique que la charia évolue en fonction des changements de conjonctures diplomatiques et sociologiques et ne doit pas être vue comme un système contraint à la stagnation.
L’évolution de la charia dans les sociétés musulmanes modernes a mené à une redéfinition des rapports entre la charia et l’État dans les États musulmans. Cette redéfinition vise plutôt à contenir le champ d’action de la charia comme le montre la création de tribunaux d’État aux côtés des tribunaux islamiques, chargés des affaires personnelles.
Avec le début de la modernisation de l’islam, au XIXe siècle, la charia commence à être désinstitutionnalisée et sécularisée. Le rôle des oulémas a également connu une certaine relégation dans nos sociétés modernes. Parmi les causes de ce déclin de la charia, nous retenons les causes suivantes :
-L’introduction de systèmes légaux d’origine européenne dans les pays à majorité musulmane
-La réforme du système éducatif en vigueur dans les pays musulmans
-L’introduction des systèmes légaux « à l’occidentale »,
-Les universités et les salles de classe ont remplacé les cours de mosquées et de médersas au milieu du XXe siècle
-La réforme des tribunaux islamiques menée dans les États musulmans
-la mise en place de bureaux administratifs, et la hiérarchie des tribunaux.
- La fusion des tribunaux islamiques et des tribunaux civils
C’est vers 1930 que la Charia ressurgit avec l’apparition des premières critiques et réserves sur les systèmes légaux et judiciaires du modèle européen. Des penseurs musulmans estiment que la Loi française n’est culturellement pas appropriée aux pays musulmans et optent pour des normes basées sur la charia.
Entre 1960 et 1970, L’application de la charia devient le centre des revendications des mouvements islamistes de toutes origines. La charia n’est plus considérée comme un ensemble de pratiques et d’institutions, mais un ensemble de lois codifiées, et un indicateur du caractère islamique des sociétés musulmanes et de leur système politique.
. De leur côté, les islamistes, positionnent la charia comme étant supérieure à tous les autres codes de lois (constitution, législation normale et règlements administratifs).
La nouvelle signification et la nouvelle redéfinition de la charia a permis de donner un pouvoir politique plus grand à celle-ci.
En termes de Structure de la charia, la loi est structurée en deux parties :
Le volet Al 'Ibadat qui concerne le culte et contient les règles relatives à l'attestation de l'unicité d'Allah (Dieu)
- la prière (Salat)
- la dîme (zakat)
- le jeûne (sawm Ramadan)
- le pèlerinage à la Mecque (hajj) si c'est possible. Ce sont là les cinq piliers de l'Islam.
Le volet « Al Mu'amalat » qui concerne les interactions humaines. Cette partie contient les règles relatives
- aux transactions financières
- aux dotations
- aux règles d’héritage
- au mariage, au divorce et à la garde des enfants
- à la nourriture et à la boisson (dont la chasse et les règles d’abattage rituel des animaux)
- à la guerre et à la paix
- aux infractions pénales
- aux affaires judiciaires (dont les témoignages et les preuves)
La charia classe les actions humaines en cinq catégories. Ces catégories correspondent à cinq valeurs morales appelées al-ahkam al-khamsa :
- ce qui est prescrit, désigné sous le terme de fard (aussi dénommé obligatoire-(wajib), muhattam-ou requis- (lazim)
- ce qui est recommandé, désigné sous le terme de mandub, ou préférable-( mustahabb), méritoire( fadila), ou désirable (marghub fih)
- ce qui est indifférent (mubâh),
- ce qui est blâmable désigné par le terme makrouh
- et enfin ce qui est interdit désigné par le terme -haram-
Les actions prescrites se divisent elles-mêmes en obligations personnelles (fardou ayn), qui sont requises de la part de chaque musulman (prière et Dîme par exemple) et les obligations communautaires (fard al-kifaya) qui, si elles sont faites par certains musulmans, ne sont pas requises des autres (les prières funéraires par exemple).
La charia, permet de produire deux formulations : la connaissance de la loi (al hukm) et la fatwa.
- Le Hukm est une règle ou une ordonnance qui découle de la charia. Le terme désigne aussi un jugement rendu par un cadi (qâdî), qui est l’autorité vers laquelle les musulmans se tournent pour qu’un jugement conforme à la charia soit rendu.
- La fatwa est un avis juridique donné par un spécialiste de loi religieuse sur une question particulière. En règle générale, une fatwa est émise à la demande d’un individu ou d’un juge pour régler un problème où la jurisprudence islamique n’est pas claire. Un spécialiste pouvant donner des fatwas est appelé un mufti. La fatwa est limitée à une période et un espace géographique, ou plutôt, un espace reconnaissant le rite de cette fatwa. Ensuite, la fatwa pourra être confirmée, révisée, annulée voire totalement ignorée par d’autres rites.
La charia distingue plusieurs catégories d’infractions et de peines associées :
Le Hadd (peines fixes).
Le Tazir, pour des infractions moins graves.
Les Qissas, qui sont des crimes pouvant donner lieu à une vengeance ; la Diya, qui est le « prix du sang » ou la « loi du talion » par exemple.
Dans le Ressort de la Charia, et pour la majorité des juristes, la charia ne peut être appliquée que dans les pays dit musulmans. Le Droit pénal qui en découle est applicable à tous les auteurs d'infraction quelle que soit leur religion. Seul le rite hanafite limite son application aux musulmans et pas aux étrangers. Ces derniers ne peuvent être condamnés pour certaines infractions contre les particuliers ou contre le droit divin.
Certains types d’infractions touchant les intérêts des particuliers ne peuvent être poursuivis que sur plainte de la victime ou de ses héritiers (fausse imputation, talion, vol). Cependant pour les infractions à la loi divine (les houdoud sauf le vol, la fausse imputation, l’apostasie et l’hérésie), la seule présentation spontanée de témoins ou l’aveu de l’auteur peut donner lieu à la mainmise du juge. Comme cette action ne donnait pas lieu à une réparation en faveur de la victime, elle est a été qualifiée d’« action désintéressée » (hasba).
-En droit musulman, le procès se déroule en public, et le juge est assis en face de l’entrée, de manière visible pour les deux parties. Le juge a également la possibilité de revenir sur sa décision et de la réviser, soit spontanément, soit à la demande d’une des deux parties.
-La preuve par témoins joue un rôle prépondérant dans la charia parce que l’introduction de la loi islamique a eu lieu à une époque et dans une région où l’écriture était peu connue dans une société de forte tradition orale. Dans ce contexte, le texte coranique ou les hadiths fixe souvent le nombre de témoins requis, ou les autres moyens de preuve. Par exemple :
-Les relations hors mariage (zina) doivent par exemple être prouvées par le témoignage de quatre hommes.
-Pour le meurtre, le vol ou les lésions corporelles par l’aveu ou le témoignage de deux hommes.
-Les infractions relevant de la catégorie des Tazīr peuvent être prouvées par tout moyen entraînant la conviction du juge, sous réserve de sa validité.
Jacques El Hakim précise que la présomption d’innocence joue en faveur de l’inculpé, et que c’est donc au demandeur qu’incombe la charge de la preuve. La charia insiste sur la nécessité que la preuve soit irréfutable, ce qui réduisait les possibilités de poursuite. L’inculpé a par la suite la possibilité de présenter la preuve contraire ou de prêter serment sur son innocence.
Dans le Droit musulman, le Coran élabore un système de contre-témoignage. De même, lorsque deux personnes fiables témoignent contre un témoin devant le juge lors d'un jugement, la condamnation ne peut avoir lieu. , Ce contre-témoignage peut donc tant concerner la fiabilité des témoins eux-mêmes que la crédibilité du crime. Étant donné qu'il faut le nombre minimal qui est de deux ou quatre témoins en fonction du crime commis pour l'application de la peine, si le nombre après contre-témoignage n'est plus atteint la condamnation n'a plus lieu.
-Le repentir de l’auteur ne permet pas d’éviter l’application d’aucune des peines prévues pour les différentes catégories d’infraction. Cependant les particuliers visés par une atteinte à leurs droits (notamment en matière de talion) peuvent se désister.
-L’amnistie n’est pas prévue par la charia. La grâce est en principe exclue pour les houdoud, sauf pour le vol et la fausse imputation qui mettent en cause les droits des particuliers. Pour les autres catégories d’infraction, la grâce est à la discrétion du juge.
Les Chaféites, les Hanbalites et les Malékites (soit la majorité des courants musulmans) déclarent imprescriptibles les infractions et peines relevant des houdoud ou du Qissas (talion). Ils déclarent également que la consommation de vin (ou plus généralement de boissons alcoolisées) ne peut être poursuivie si elle n’est pas dénoncée par l’odeur.
Jacques el-Hakim souligne que les peines corporelles en vigueur dans la loi islamique ne correspondent plus depuis longtemps aux critères d’amendement du délinquant qui fondent les politiques pénales en vigueur aujourd’hui. Cela explique que certaines peines soient tombées en désuétude dans certains pays depuis plusieurs siècles déjà.
-Un principe de la charia reconnait l’adaptation des lois selon les époques (celle-ci est reconnue en outre dans l'art. 39 de la Majalla, le Code civil ottoman, construit à partir d'une codification des règles hanafites à la fin du XIXe siècle). Ce principe a été largement suivi, comme le montre l’exemple du Calife Omar qui a écarté l’amputation de la main des voleurs en période de disette et en matière de talion, (la victime ou les héritiers n’exécutent plus la peine de leur main). Jacques el-Hakim pense également que la majorité des peines corporelles n’était plus compatible avec les mœurs ou justifiée par la répression à partir des réformes du XIXe siècle. Les peines corporelles ne sont plus pratiquées que dans de rares pays.
Pour certains penseurs comme Asaf Fyzee, la Charia, est la doctrine spirituelle du Coran, « doit être révisée et interprétée à la lumière de la philosophie et de la logique modernes ». La charia, qui est la loi sacrée de l'islam, doit être séparée de ses préceptes juridiques et politiques, afin de ne pas confondre les valeurs morales et les valeurs juridiques de la religion.
Selon beaucoup de penseurs contemporains du monde musulman, ce n'est pas de la charia que provient le décalage avec la modernité, mais plutôt du fait que la jurisprudence islamique n'a plus évolué depuis plusieurs siècles. Plusieurs passages du Coran commandent de tenir compte des mœurs (ourf.).
Certaines religions que je ne nomme pas ici, brulent un coupable –homme ou femme- sous prétexte qu’il est sorcier ou qu’elle est sorcière. Certaines religions exigent du coupable de se donner la mort lui-même, le voleur est dans certaines sociétés lynché, la femme divorcée de son mari est renvoyée de sa maison et interdite de voir ses enfants. Aujourd’hui dans certaines sociétés dites civilisées, les hommes copulent comme des animaux alors que Dieu interdit la sodomie dans toutes les religions révélées. La libre union est autorisée, les couples homosexuels peuvent adopter un enfant qui normalement doit être le fruit d’une union sacrée entre un homme (son père) et une femme (sa mère) . En Europe une personne peut se promener nue, c’est son droit, mais ne peut porter le hijab ou un boubou ample car contraire aux lois de la République…
Aux musulmans et musulmanes, je leur dis : « N’ayons donc pas peur de notre Charia et apprenons-à mieux la connaitre afin de pouvoir la comprendre Elle a été diabolisée par ceux là auxquels elle fait peur ». La Charia est la Loi de Dieu, notre Dieu le Créateur de l’Univers. Elle n’est pas le fruit de l’imagination de l’Homme. Cependant elle doit être dite par des hommes de Droit, connaisseurs des textes de loi et fortement imprégnés du Droit musulman. Elle ne doit pas faire l’objet d’une petite séance animée par quelques jeunes illuminés. Comme toute loi la charia a une partie rigide mais elle doit relever du seul domaine des hommes compétents, érudits murs et justes. Nous devons tous défendre la Charia car Allah nous dit dans le saint Coran : Ceux (musulmans), qui n’appliquent pas le texte révélé sont des kaffres. Voici de façon succincte et générale la présentation de la charia et son évolution à travers le temps et l’espace. Ceux qui en Occident s’évertuent à la blâmer oublient que les codes de lois chrétiennes et juives prévoient de bruler vifs les condamnés. Malheureusement ces ennemis de l’islam trouvent dans la plupart du temps des antennes-relais de leur propagande en Afrique et dans certains milieux où la charia et l’Islam sont peu connus ou mal connus.
Dieu vous garde et guide nos pas vers la paix, la sagesse et la tolérance, Amen
Mohamed Ould Sidi Mohamed (Moydidi)
Tel: 00 222 36 22 31 36 Mail : jekaniya@yahoo.fr
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